Coup de Cœur avec l’Artiste Plasticien Ivoirien Richmond Tehe

En ce vendredi 07 août 2026 où la Côte d’Ivoire célèbre le 66ème anniversaire de son accession à l’indépendance, asakan.art va à la rencontre de l’artiste peintre ivoirien Richmond Tehe.

Le travail de Richmond Tehe (né à Zorofla (Côte d’Ivoire) en 1997 et vivant et travaillant à Grand-Bassam) est marqué par des portraits : Portraits d’enfants, portraits de jeunes, portraits d’adultes, enchevêtrés de lignes diverses, aux regards toujours perçants qui traduisent des vies, une certaine dignité, mais aussi beaucoup d’humanisme.

Il est notre Coup de Cœur.


Portrait de Richmond Tehe
Crédit Photo : DR.

Asakan : Pour commencer notre entretien, voulez-vous vous présenter ?

Richmond Tehe : Je me nomme Richmond Tehe et je suis un artiste plasticien basé principalement à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Mon travail tourne autour de la Fragilité de l’être humain et de son environnement _. Je travaille avec les matières que je trouve, avec les gestes du quotidien, et avec la mémoire des gens.


Vue de l’exposition « De la lumière naît la matière » de Richmond Tehe
08 décembre 2022 au 23 janvier 2023
LouiSimone Guirandou Gallery

Asakan : Quelle définition faites-vous de l’art ? Et comment percevez-vous l’art contemporain ?

Richmond : Pour moi, l’art c’est transformer ce qui est fragile en présence. Donner de la dignité à ce qu’on ne regarde pas.

L’art contemporain, je le vois comme un espace de questions. Non pas de réponses toutes faites. C’est un lieu où on peut parler du lien entre les gens, de la terre, de la précarité, sans édulcoration.


Asakan : Quand avez-vous su que vous consacreriez votre vie à l’art ?

Richmond : Très tôt. Quand j’ai compris que je ne pouvais pas faire autrement. J’avais besoin de créer pour comprendre le monde et pour dialoguer avec lui. C’est devenu une urgence.


Asakan : En tant qu’artiste, comment vous définiriez-vous ? Comment êtes-vous parvenu à la finalisation de votre empreinte ?

Richmond : Je me définis comme un chercheur. Je ne viens pas avec un plan fini. Je viens écouter, expérimenter, me tromper.

Aussi, dans mon travail, je laisse apparaître l’armature du dessin sans en dévoiler le secret. Je mets en valeur mon geste à travers des hachures assumées. Des lignes enchevêtrées qui semblent, tel un oiseau, tisser un nid jusqu’à ce qu’apparaisse les traits d’un visage, un portrait. Puis, je soumets le rendu ainsi obtenu à la liberté des flammes.

Mon empreinte s’est finalisée quand j’ai arrêté de vouloir « bien faire » et que j’ai commencé à travailler avec ce qui est vrai: la matière locale, les traces, les silences, le lien entre la Côte d’Ivoire et le Nigeria.


Richmond Tehe, « Derrière Les Fenêtres #2 », Acrylique, pastel à huile,, spray graffitis, grillages et collage de métal sur toile & « Derrière Les Fenêtres #3 » Acrylique, pastel à huile,, spray graffitis, grillages et collage de métal sur toile, 170 x 205 cm x 2 Courtesy de l’Artiste

Richmond Tehe, « L’Invisible #1 » (diptyque), 2025
Acrylique, pastel à l’huile, spray graffitis, et métal monté sur toile
200 x 126 cm
Courtesy de l’Artiste

Asakan : Quelles sont vos inspirations artistiques, vos influences ? Les thèmes et émotions que vous essayez de transcrire dans vos œuvres ?

Richmond : Mes inspirations, c’est la rue, la terre, la lumière, les gestes des gens. Les artistes qui acceptent la fissure et l’imperfection.

Les thèmes que je développe sont : la précarité qui devient dignité. La mémoire. L’union.

J’aimerais que les gens puissent s’approprier davantage : le silence, la fragilité, la patience, le lien à travers mon travail.


Richmond Tehe, « Pudeur Divine #4 », 2025
Acrylique, pastel à l’huile, spray graffitis, et collage de bois recyclé sur toile
180 x 140 cm
Courtesy de l’Artiste
Richmond Tehe, « Sans Titre #1 », 2025
Acrylique, pastel à l’huile, spray graffitis
50 cm de diamètre
Courtesy de l’Artiste et de la Galerie LouiSimone Guirandou Gallery

Asakan : Quel est le regard porté sur votre travail par le public ? Par le milieu artistique ?

Richmond : Le public me dit souvent: « ça me parle, ça me rappelle quelque chose ».

Dans le milieu, on me voit comme quelqu’un qui cherche, qui n’est pas pressé. Quelqu’un qui travaille le lien et la matière plutôt que le spectaculaire.


Œuvre de Richmond Tehe
Courtesy de l’Artiste

Asakan : Quels conseils aimeriez-vous transmettre à d’autres jeunes désireux de se lancer dans l’art?

Richmond : La patience. La constance.

Ne faites pas l’art pour survivre vite. Formez-vous, informez-vous, protégez-vous du stress. Et également, évitez de vous comparer à l’autre, chacun a son temps de gloire.

Puis, surtout: choisissez la route difficile si c’est celle qui est vraie pour vous.

Pour plus d’informations sur le travail de Richmond Tehe, vous pouvez vous abonner à son compte Instagram @tehe.richmond.

La Rédaction.

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