La Biennale de Lubumbashi revient en octobre 2026 pour sa 9e édition. La curatrice indépendante belgo-congolaise basée à Bruxelles, Sorana Munsya et, l’artiste, curateur et professeur à l’Université d’Addis Abeba, Jermay Michael Gabriel en seront les commissaires de cette édition qui prendra appui sur la pensée de Valentin Yves Mudimbe, philosophe, écrivain et penseur congolais majeur disparu en 2025, dont l’œuvre continue de nourrir des générations d’artistes, de chercheurs et d’intellectuels à travers le monde.

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« Avant sa disparition, Valentin Yves Mudimbe a légué sa bibliothèque personnelle à Université de Lubumbashi. », a expliqué dans un communiqué la plateforme Picha qui porte indépendamment la Biennale de Lubumbashi comme espace de création, de recherche et d’expérimentation artistique en Afrique contemporaine depuis plus de quinze ans. « Grâce au partenariat historique qui lie la Biennale et Picha à l’université, les équipes curatoriales bénéficient aujourd’hui d’un accès privilégié à cet ensemble exceptionnel d’archives, de livres et de traces intellectuelles qui constituent un point de départ essentiel pour cette édition. » a-t-elle poursuivi.
La 9e édition de la Biennale de Lubumbashi entend ainsi ouvrir un espace de dialogue entre art contemporain, mémoire, transmission et production de savoirs, à partir des questions soulevées par la pensée de Mudimbe : les constructions du savoir, les récits historiques, les héritages coloniaux, les formes d’opacité, ainsi que les manières de réinventer nos imaginaires contemporains.
Curatrice fellow du Fonds National de la Recherche Scientifique (FNRS–FRArt), fondatrice de Nsomi et co-réalisatrice du documentaire, Nos Errances, qui sort bientôt, Sorana Munsy explore, dans sa pratique curatoriale, les notions d’espace, d’histoire et de visibilité à travers le prisme des expériences noires, en articulant recherche, expositions et pratiques discursives. Ses projets interrogent les récits africains et diasporiques tout en questionnant les cadres institutionnels et épistémiques qui les produisent. Elle a collaboré avec des institutions telles que Kanal–Centre Pompidou, Bozar et ARGOS Centre for Audiovisual Arts, tout en développant un important travail éditorial et critique à travers des publications comme GLEAN Art Magazine, e-flux Architecture et Chimurenga.
Par contre, la pratique curatoriale de Jermay Michael Gabriel, qui est par ailleurs également fondateur de Black History Month Milano, interroge les constructions épistémologiques entre l’Europe et l’Afrique, tout en déconstruisant les imaginaires hérités des hiérarchies historiques et coloniales. Entre visible et invisible, enfouissement et révélation, sa démarche propose une relecture critique des histoires suspendues entre oubli et réémergence à travers les archives, les références architecturales et des langages hybrides mêlant performance, photographie et installation.
La Rédaction.



