Laurent Valère : « C’est l’amour qui rompt la routine et les résignations. »

Le Musée Territorial Wall House de Saint – Barthélémy accueille, jusqu’au 1er août 2026, l’exposition « Martinique, cartographies intimes ». A cette occasion, nous avons entrepris une série d’entretiens avec une sélection des vingt-cinq artistes présentés, par la Commissaire Karine Taïlamé, parmi lesquels Laurent Valère (né en 1959 à Antony en Martinique).

Il nous parle de son travail et de son installation « Unexpected love », où l’artiste plasticien transforme les embouteillages en une métaphore poétique du destin et de l’amour, de la contrainte en beauté et possibilité.


Portrait de Laurent Valère

Asakan : Vous êtes l’un des 25 artistes de l’exposition « Martinique, cartographies intimes » qui est visible jusqu’au 1er août 2026 au Musée territorial du Wall House à Saint Barthélémy. Qui êtes-vous et quel est votre parcours ?

Laurent Valère : Juriste de formation, plasticien par déformation, je travaille la peinture acrylique et la sculpture monumentale. Influencé par ma mère qui dessinait, j’ai toujours été actif et réalisé mes premières expositions à Paris dans les années 80, même si aujourd’hui, la peinture est une activité plus quotidienne que la sculpture.

Je travaille par série, par thèmes, avec parfois des dizaines de tableaux sur le même sujet. Les sujets sont très divers, ils vont des héros de la Caraïbe aux embouteillages, l’amour, les avocats, les narcos. Ma sculpture est toujours monumentale avec des œuvres terrestres ou immergées (Les Manmandlos).


Asakan : Pouvez-vous nous parler de votre démarche ?

Laurent Valère : À vrai dire, je n’y comprends pas grand-chose moi-même…


Asakan : Quelle(s) problématique(s) soulevez-vous dans votre travail présenté à cette exposition ?

Laurent Valère : Dans cette exposition, je célèbre l’amour improviste, celui qu’on n’attend plus, celui qu’on n’espère plus et qui arrive dans un moment inattendu, l’embouteillage. C’est une évocation légère et positive de la vie, avec ses surprises heureuses et inexpliquées.


Asakan : Décrivez-nous une œuvre présentée qui permette justement de mieux comprendre les différentes problématiques que vous soulevez dans votre travail ?

Laurent Valère : Très simple, l’embouteillage est formé, compact, presqu’agressif, avec des centaines de gens prisonniers de leurs véhicules blancs. Et puis quelque part dans la foule, deux voitures rouges, semblent irrésistiblement attirées l’une vers l’autre. C’est l’amour qui rompt la routine et les résignations. Rien n’est perdu.


Laurent Valère, « Unexpected love », détail, 2026
Acrylique sur toile, assemblage d’objets miniatures, 60 x 30 cm
Exposition « Martinique, cartographies intimes »
Courtesy de l’Artiste et du Musée territorial du Wall House – Saint-Barthélemy

Asakan : Un dernier mot ?

Laurent Valère : C’est un vrai honneur d’exposer à Saint Barthélémy. Merci à ma curatrice Karine Taïlamé pour son accompagnement attentif, le regard qu’elle a porté sur mon travail et à sa vision qui ont contribué à donner forme à cette exposition, ainsi qu’à celles et ceux qui l’ont rendu possible.

Exposition collective « Martinique, cartographies intimes » avec Laurent Valère et 24 autres artistes
Jusqu’au 1er août 2026
Au Musée du Wall House
2 rue de Pitéa, La Pointe Gustavia
97233, Saint-Barthélemy, France 
Heures d’ouverture : Le mardi de 14h à 19h et du mercredi au samedi de 9h à 12h et de 14h à 19h
+ d’infos : museesstbarth.com/fr/page/wall-house

La Rédaction.

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