Crooner de cette musique africaine urbaine née après la première tournée sur le continent du Groupe Kassav : un son et un pas de danse qui constitua le premier vrai pont entre l’Afrique et les Antilles…

PARCOURS
Oliver N’Goma alias Noli est un talentueux chanteur et musicien qui dès la sortie de son premier album “Bane” en 1989 a conquis le cœur des mélomanes de la galaxie afro caribéenne des capitales africaines à l’Outre-mer en passant par Paris. Décédé, le 07 juin 2010 à Libreville des suites d’une insuffisance rénale, ils sont nombreux parmi ses fans orphelins à penser que si l’artiste de renommée internationale avait été inhumé au cimetière du Père Lachaise tout comme Jim Morrison, co-fondateur des Doors, l’on assisterait également et régulièrement autour de sa tombe à un ballet de pèlerinage de la part de quelques Afro-zoukeurs vivant ou de passage dans la capitale française.
Difficile de parler d’Oliver N’Goma sans évoquer le nom du magicien qui a transformé ses deux premiers albums en disque d’or. L’homme s’appelle Manu Lima, c’est un vieux Routard des studios de production parisiens. Manu cumulait déjà des succès et des stars dans ces années de fiesta Africa entre les Boulevards St Germain, Strasbourg Saint-Denis et naturellement le Keur Samba sur les Champs Elysées, la boite de nuit africaine la plus chic située dans la plus grande avenue du monde. Olivier et Manu se rencontrent en 1988. Olivier est en stage pour le compte de la deuxième Chaîne de Télévision Gabonaise, la défunte Chaîne 2, où il travaille comme cadreur. L’étudiant en audiovisuel fait ainsi la rencontre de celui qui a arrangé les tubes de Monique Séka, chanteuse ivoirienne devenue star dès son premier album et dont les chansons ambiançaient pas mal les discothèques de la capitale gabonaise à cette époque.
Marqué par le travail de cet ancien enfant de cœur obnubilé par la verve des zoukeurs antillais comme Phil Control, Manu est ému en écoutant la voix angélique et spirituelle d’Olivier, un rêveur romantique né le 23 mars 1959 à Mayumba dans le sud-ouest du Gabon. Fort d’une signature qui jongle avec tous les styles de l’artiste en herbes, Manu Lima accole aux mélodies d’Oliver N’Goma chantée en Vili, sa langue maternelle, et en français, des rythmes zouk, des musiques cap-verdiennes, des musiques africaines et de pop qui signeront bientôt la naissance d’une nouvelle star de l’Afro-Zouk.
CONFIRMATION
A la suite de la sortie de « Bane » les enfants en vili, Olivier deviendra Oliver, casquette vissée sur la tête, tout vêtu de cuir, pendant que son titre sorti en cassette et vinyl hypnotisent l’audimat des télévisions et radios africaines, notamment Africa N°1, la Gabonaise, qui diffusent le morceau en boucle.
Au même moment, pendant les nuits claires obscures des discothèques, que ce soit en Afrique, en France Métropolitaine ou aux Antilles, on ne se lasse plus des morceaux « Icole », « Lusa » ou encore « Alphonsine ».
Le deuxième album de la star « Adia » va venir confirmer le statut de vedette internationale d’Oliver.
23 ans après sa disparition, la musique du crooner de l’Afro Zouk Oliver Ngoma alias « Noli » constitue encore un porte étendard d’un genre musical qui avait réussi pour la première fois à réunir les Africains et les Antillais. Un effort de réunification de ces deux Afriques que les gouvernants et autres hommes politiques d’Afrique et de l’ancienne Métropole n’arrivent toujours pas à reprendre pour célébrer l’Afrique plurielle mais unie.
La Rédaction.