La plus haute récompense dans le domaine de la photographie, le prix international de la Fondation Hasselblad, qui récompense chaque année, depuis 1980, un photographe confirmé, vient d’être attribué à la photographe sud-africaine Zanele Muholi. Elle empoche ainsi 2 millions de couronnes suédoises (plus de 123 millions de FCFA), un appareil photo Hasselblad et une médaille d’or.

© Photo: Ikram Abdulkadir
Pour l’artiste lauréate, ce prix ne l’appartient pas à elle seule. Elle le reçoit au nom de sa communauté : « celles et ceux qui ont été effacés, celles et ceux qui sont encore là, et celles et ceux qui attendent encore de se voir représentés avec dignité. »
Née en 1972 à Umlazi, Durban, Zanele Muholi exprime et célèbre, à travers le portrait, la présence, la profondeur et la dignité de la communauté LGBTQIA+ noire en Afrique du Sud et dans le monde entier. Sa série de portraits au long cours, « Faces and Phases » (2006–), a été conçue comme un acte de résistance contre les violences systémiques. Ce projet, qui fête ses vingt ans, est aujourd’hui considéré comme une œuvre majeure de la photographie contemporaine. Parmi ses autres œuvres figurent « Only half the Picture » (2003-2004), qui documente la vie des lesbiennes et des survivantes de crimes haineux, et « Brave Beauties » (2014–), qui rend hommage aux femmes trans. Dans sa série d’autoportraits en cours, « Somnyama Ngonyama (Salut à la Lionne Noire) » (2018–), Muholi utilise les langages visuels du portrait classique, de la mode, du travail domestique et de l’imagerie ethnographique pour remettre en question les stéréotypes et la représentation historique des corps noirs dans la culture visuelle. Mais chez elle, l’engagement est aussi communautaire. C’est pourquoi elle a fondée en 2009 Inkanyiso, forum dédié aux médias queer et activistes visuels, et en 2022, le Muholi Art Institute, les carriers artistiques émergentes dans diverses disciplines.
Préalablement, Zanele Muholi a étudié la photographie avancée au Market Photo Workshop de Johannesburg et a obtenu une maîtrise en beaux-arts (MFA) en médias documentaires à l’Université Ryerson de Toronto en 2009. Son a été exposé dans des institutions de renom à travers le monde, notamment à la Biennale de Venise, au Musée d’art moderne de San Francisco, à la Maison Européenne de la Photographie à Paris, à la Tate Modern de Londres, au Musée d’art moderne de Buenos Aires et au Musée Serralves de Porto.
Elle recevra son prix lors d’une cérémonie qui se tiendra au Centre Hasselblad de Göteborg, en Suède, le 9 octobre prochain. Une exposition monographique de son œuvre sera par la suite inaugurée dans le même centre et visible jusqu’au 4 avril 2027. Par ailleurs, un programme d’événements sera également proposé, comprenant notamment un séminaire en collaboration avec le Conseil administratif du comté de Västra Götaland, un concert avec l’Orchestre symphonique de Göteborg, le lancement d’une publication sur son travail, et une rencontre avec l’artiste au Moderna Museet de Stockholm le 13 octobre.
A noter que le jury de Prix Hasselbald 2026 était composé d’Anna Planas (présidente du jury et directrice artistique de Paris Photo), de Johan Sjöström (Conservateur au Musée d’art de Göteborg), d’Oluremi C. Onabanjo (Conservatrice Peter Schub du Département de Photographie du Museum of Modern Art de New York), Raquel Villar-Pérez (Chercheuse, auteure, commissaire d’exposition indépendante et doctorante à l’École d’art d’Édimbourg), de Shoair Mavlian (directeur de la Photographers’ Gallery de Londres), ainsi que de Tawanda Appiah (Conservateur de Skånes konstförening à Malmö).
La Rédaction.



