Salimata Diop : « Métisse, nomade, binationale et multiculturelle, je transforme et pose les fondations, de l’idée à la vision, de la vision à l’équipe, la structure, l’institution. »

Critique d’art, commissaire d’exposition, pianiste et compositrice, Salimata Diop est titulaire d’un Master en Langues, Littératures, et Civilisations Etrangères (CPGE – Hypokhâgne Khâgne-Maison d’Education de la Légion d’Honneur & La Sorbonne Paris IV), et d’un Master en Histoire de l’Art et des Collections (Warwick University & IESA). Directrice artistique de la Biennale de Dakar 2024, co-fondatrice du MuPho (Musée de la Photographie de Saint- Louis du Sénégal), et ancienne directrice de la Foire AKAA, elle est l’autrice de plusieurs expositions et publications.

Alors qu’elle revient de la cérémonie d’ouverture de la 61e édition de la Biennale d’Art de de Venise, elle a accepté de raconter à asakan.art son expérience de l’édition 2024 de la Biennale de Dakar dont elle a fait un coup de maître, son co-projet ESUON qui se tient à la Galerie Le Manège de Dakar jusqu’au 03 juillet 2026, et son parcours.


Portrait de Salimata Diop
Crédit Photo :@ThomasDorn

Asakan : Vous aviez été la première femme nommée Directrice Artistique de la Biennale de l’Art Africain Contemporain de Dakar. Quelles ont été vos ambitions, et vos actions ?

Salimata Diop : Oui, je suis la première femme nommée Directrice Artistique de la Biennale de Dakar mais je tiens à rappeler qu’avant que la restructuration de la Biennale opérée en 2018, qui instaurait la position de Directeur Artistique, d’éminentes commissaires ont fait partie des équipes curatoriales de la Biennale. Au-delà de la politique du genre, ai-je me suis surtout sentie la représentante d’une nouvelle génération.

C’est l’un des axes de la thématique ‘The Wake’ : « Je veux croire que s’est éveillé et persiste dans le cœur de ma génération l’écho de quelque chose de pur et de puissant, un écho remontant à l’enfance. Une peur salutaire, et la vision claire d’une métamorphose imminente : transformation personnelle, sociale, écologique, et économique, elle est aussi inéluctable qu’elle est impérative à notre présence collective au monde. A notre existence.

Parce que nos arbres, notre monde, notre société, notre jeunesse brûlent. Nos artistes sont au cœur de cette métamorphose. Réunis à Dakar, ils donnent corps au monde nouveau, maniant le langage indicible des couleurs et des sentiments. Qu’ils nous éveillent, qu’ils nous emportent dans leur sillage. ».


Asakan : C’est peut-être un peu vieux maintenant, mais votre prédécesseur, El Hadj Malick Ndiaye, a initié les projets Doxantu et Synapses pour toucher le grand public de Dakar et des villes avoisinantes. Pourquoi ne pas les avoir reconduits ?

Salimata Diop : J’ai trouvé ces projets de mon confrère El Hadj Malick Ndiaye pertinents. Mon équipe et moi avons cependant pris plusieurs décisions drastiques pour des raisons logistiques. Nous avions moins de sept mois entre la sélection des artistes (mi- octobre) et l’inauguration initialement prévue début mai. Ayant eu vent des difficultés rencontrées par les équipes curatoriales précédentes et prenant en compte cette contrainte de temps, nous avons choisi de faire plus petit, mais bien. Toutefois, en condensant la Biennale dans des espaces moins épars, nous avons restauré des couloirs, des salles et des perspectives autrefois condamnées, et nous avons voulu faire de cet espace un centre de gravité travaillé, accessible, pointu, poignant.


Asakan : C’est compréhensible surtout avec le contexte du report intervenu entre temps. Quand votre liste d’artistes sélectionnés pour l’Exposition Internationale est sortie, on a notamment relevé un peu de critiques autour, puis ce fut avec l’équipe 100 % féminine des commissaires invitées et aussi, une scénographe …

Salimata Diop : La genèse de cette édition est cruciale : aux côtés de mon équipe curatoriale composée de Kara Blackmore, Cindy Olohou et Marynet J., ainsi que certaines artistes de l’exposition comme Laeïla Adjovi et Cléophée Moser avions commencé à développer le concept de « Quand la Terre rugira » bien avant que la Biennale m’appelle à candidater. L’équipe était donc déjà formée, solide, avec une longueur d’avance sur le calendrier de travail resserré de la Biennale. « Quand la Terre rugira » est par la suite devenue l’exposition des commissaires.

Je me souviens, un matin, être entrée dans le bureau d’un haut fonctionnaire de l’Etat sénégalais avec mon équipe : ce bon monsieur nous a une remarque sur le fait que nous n’étions que des femmes. Ce à quoi j’ai répondu que lorsque ces mêmes équipes étaient 100% masculines, cela ne dérangeait personne, ce qui mit fin à ses subtiles remontrances. Les ignorants ont peur des femmes. Je ne m’intéresse pas aux critiques concernant le nombre de femmes impliqués dans cette édition.

Je suis fière d’avoir atteint la parité dans la sélection de la Biennale. Au-delà des biais sociaux et de visibilité, les femmes artistes contemporaines sont bien là, elles existent et développent leurs pratiques et recherches artistiques envers et contre tout. Il  faut faire l’effort d’aller les chercher, et leur donner leur place.

J’ai  d’ailleurs récemment eu l’honneur de faire partie du jury des Prix Aware 2026, une association qui a précisément la vocation de faire mieux connaître les artistes femmes, trans, et non binaires.

Mon équipe artistique, les curatrices et la scénographe Clémence Farrell, sont chacune des expertes dans leur domaine. Diplômées, pointues, expérimentées, visionnaires. On ne saurait les réduire à leur sexe et ce n’est évidemment pas la raison pour lesquelles elles ont rejoint cette solide équipe.


Asakan : Avez-vous l’impression d’être arrivée à susciter cette transformation que vous aviez formulé avec « The Wake », « Le Sillage », « Xall Xi »?

Salimata Diop : Ma posture de commissaire d’exposition, de curatrice a toujours été de laisser s’exprimer les artistes. Je ne suis qu’une intermédiaire. Le bouleversement de l’annulation puis du report des élections présidentielles dans un grand pays de démocratie et de droit comme le Sénégal, la révolte de la jeunesse contre cette quasi tentative de coup d’Etat, n’a fait que résonner d’autant plus avec une thématique et une sélection prémonitoire. Venus d’Amérique du Sud, d’Europe, d’Asie et bien sûr d’Afrique, ils ont de facto créé un nouveau sillage, et surtout appelé à un éveil nécessaire.

Mon souhait était de diriger une Biennale non-élitiste, où s’alliaient l’excellence, la qualité, et l’accessibilité à mes compatriotes sénégalais sans exception, notamment à la jeunesse sénégalaise, ainsi qu’aux publics éloignés. Au cours de la deuxième semaine après l’inauguration, je me suis rendue comme à mon habitude sur les lieux d’exposition, pour arpenter les salles incognito. Ce dimanche après-midi, j’ai découvert un ancien Palais de Justice bondé. On avait du mal à circuler. Des amateurs d’art, des étudiants, des familles étaient là, certains venus de loin. Je me souviens d’un couple et de leurs deux enfants, très jeunes, émerveillés par l’une des installations in situ dans la salle des Pas perdus. Pour beaucoup, c’était la première exposition. Pour moi, un rêve d’enfant qui se réalisait. Grâce à la formidable équipe que nous avons formée. Grâce à notre résilience et notre motivation à réaliser cette vision.


Asakan : Vous avez été pris la tête de cette Direction Artistique alors même que le précédent Directeur Artistique a démissionné après l’édition 2022 des suites de mésententes avec le Secrétariat Général de la Biennale. Comment s’est passée votre collaboration avec ce Secrétariat ?

Salimata Diop : La Biennale de Dakar est une Biennale d’Etat, pilotée sur le plan financier, administratif et logistique par des personnes qui n’ont pas ou peu d’expertise dans le monde de l’art. Cela doit changer. Il faut des personnes qui connaissent véritablement le monde de l’art, et les directeurs artistiques doivent avoir beaucoup plus de marge de manœuvre.

Mon équipe et moi avons cependant réussi à instaurer de nombreux changements : les commissaires invités d’habitude relégués à des expositions séparées et périphériques sont devenus l’équipe curatoriale, avec notre exposition commune « On s’arrêtera quand la Terre rugira ». Une buvette et des assises ont été installées dans la salle des Pas Perdus.

Le Directeur technique Abdou Diouf a ouvert et restauré de nouvelles galeries de l’Ancien Palais de Justice. Des œuvres (Ousmane Sow, Gina Ulysse) ont été installées à l’extérieur pour briser l’aspect intimidant et austère de la façade du Palais. Des food trucks ont été installés autour du Palais pour permettre aux familles venues de lointaines banlieues de prendre leur temps dans leur découverte des expositions. La sélection de la scénographe principale par l’équipe artistique. Une salle de projection et de tables rondes ainsi qu’une bibliothèque haptique centrée sur l’interaction avec le public ont été installées au cœur du Palais.


Asakan : Où est donc le point de discorde ? Comment expliquez que le Secrétariat Générale de la Biennale ait sélectionné un nouveau Directeur Artistique alors que vous étiez la mieux placée pour vous succéder pour la prochaine édition dans le contexte qu’on sait ?

Salimata Diop : Nul n’attend qu’un Directeur artistique de la BDD dirige plusieurs éditions. Dans l’histoire de cette biennale, à une exception près, la direction change à chaque édition. El Hadj Malick Ndiaye et moi-même avons rempli notre contrat, jusqu’à sa fin.

Une nomination se déployant sur plusieurs éditions aurait pu être intéressante pour la continuité qu’elle aurait apportée, notamment pour consolider les changements profonds que nous avons enclenchés. Toutefois la transition est nécessaire : cela permet de déplacer le regard. Je me réjouis de découvrir ce que mon confrère Franco-iranien Morad Montazami, dont la vie, le parcours et le regard sont bien différents des miens, nous proposera en novembre 2026.


Asakan : Ne faudrait-il pas un colloque Etat du Sénégal et professionnels de l’art pour améliorer le management de la Biennale et revoir ses orientations, son mode de fonctionnement et sa diffusion auprès des divers publics ?

Salimata Diop : En effet, un bilan réunissant les décisionnaires ainsi que les personnes qui en ont fait l’expérience serait nécessaire. Tant que cela ne sera pas mis en place, et que les différents rapports rédigés par des experts au cours des ans ne seront pas examinés avec attention, on ne sortira pas de certains dysfonctionnements chroniques.


Asakan : Revenons à quand vous dites : « Les ignorants ont peur des femmes. » On est d’accord que si Koyo Kouoh avait aligné une équipe curatoriale essentiellement noire lors de la 61e Biennale de Venise qui se tient jusqu’au 22 novembre 2026, certaines personnes trouveraient toujours matière à redire ?

Salimata Diop : Oui malheureusement, cependant il  est tout aussi dangereux d’enfermer les curateurs marrons, noirs, dans une case.

Ce qui est historique dans la nomination de Koyo, c’est qu’une femme noire à force de combats, est parvenue à briser le plafond de verre de la scène artistique internationale – son paroxysme étant la Biennale de Venise -, et nous livre son regard sur le monde. Son équipe est internationale, composée de différentes expertises, de différentes géographies et générations. Cette équipe porte une attention à la déconstruction des modes de pensée et des préjugés dont nous avons tous, sans exception, hérités.

Ce qui est historique aussi c’est que cette femme, à travers une équipe exceptionnelle, a offert malgré sa disparition la meilleure exposition internationale que j’ai connue.


Asakan : Si vous deviez décrire en quelques mots cette expérience unique de Directrice Artistique de la plus grande manifestation artistique qui se déroule sur le continent africain, ce serait ?

Salimata Diop : Je dirais que les obstacles n’ont fait que galvaniser une équipe rien moins qu’extraordinaire. Je suis pleine de gratitude pour tous ceux qui m’ont accompagné et fait confiance. Je me souviens de chaque personne qui a contribué à cette vision. Chaque artiste, chaque curateur, chaque technicien. C’est une biennale difficile à diriger mais qui attire de fait de véritables passionnés. Il faut l’aimer pour la porter. La Biennale de Dakar doit exister et continuer d’exister envers et contre tout. Le monde en a besoin.


Asakan : Un des moments forts pour vous de ce Dak’Art 2024 ?

Salimata Diop : La cérémonie de clôture, qui était également une nouveauté que nous avons imaginée. Un public rassemblé autour d’une scène ou des danseurs se meuvent comme des corps dans l’eau. L’artiste Julien Creuzet et la chorégraphe Ana Pi nous ont offert un point d’orgue de The Wake en nous plongeant dans des abysses où des corps noirs vivent, transcendés.

En coulisses de ce spectacle de plein air bouleversant, les portes du Palais se sont lentement fermées. On a aperçu jusqu’au dernier instant l’installation écarlate de Tahir Karmali et la sculpture monumentale de Sokari Douglas Camp. La performance était si émouvante que nous sommes captivés, et lorsqu’elle se termine, les femmes qui ont porté et réussi cette édition se tombent dans les bras.


Asakan : Une ou un artiste qui vous a marqué à cette occasion ?

Salimata Diop : C’est une question impossible car j’ai été fière et reconnaissante de la participation de chacun des artistes invités comme sélectionnés. Deux souvenirs particuliers me viennent cependant à l’esprit.

Laeïla Adjovi, qui a d’une part imaginé une installation incroyable en tant qu’artiste, ‘Cotton Blues’, et qui m’a également beaucoup soutenu pendant le développement et l’écriture de mon projet, en tant qu’intellectuelle et chercheuse. Je me souviens d’elle déroulant des pelotes de coton en haut d’un échafaudage.

Siwa Mgoboza est l’un des premiers artistes à qui j’ai parlé de ma thématique et de l’émotion que m’avait suscitée l’ouvrage de Christina Sharpe. Lors de notre visio-conférence, il s’est saisi de l’ouvrage en question, qui était à portée de main, tout près de lui. “Saly, c’est mon livre de chevet depuis des mois”. Nous étions émus.


Asakan : De votre expérience, quelles sont les qualités essentielles pour être une bonne ou un bon curateur, un bon directeur artistique ?

Salimata Diop : Un bon curateur doit comprendre et ressentir la mouvance des artistes contemporains, et élaborer des cadres, thématiques, ouvrages et expositions qui sont fidèles à leurs recherches artistiques tout en proposant un narratif, un fil rouge au public. Un curateur doit comprendre que l’artiste ne communique pas, n’illustre pas, mais qu’il est cœur du monde, voire en avance sur le monde. Il faut, pour exercer ce métier, humilité et résilience.

Un directeur artistique doit, en outre, guider ses équipes, créer l’harmonie, savoir être le gardien de la vision artistique, unit chaque maillon de la chaîne. Et, trop souvent, il est amené à se battre pour ses artistes. Il est par exemple souvent confronté à l’aspect politique et aux luttes intestines de pouvoir propre aux Biennales.


Asakan : Parlons à présent de vous-même. Racontez-nous un peu votre parcours dans le monde de l’art avant la Biennale de Dakar ?

Salimata Diop : Mes parents, des intellectuels engagés, tous deux enseignants et érudits, m’ont pavé la voie vers la culture. Mon parcours littéraire, de l’hypokhâgne-khâgne à la Sorbonne, influe encore et toujours sur ma pratique de curatrice. La littérature est un regard sur le monde qui est indispensable et parallèle au medium artistique. J’ai eu la chance de poursuivre mes études supérieures à Londres, où j’ai ensuite travaillé pendant sept ans. Cela m’a évité les œillères coloniales des frontières linguistiques. Dès mes débuts, j’ai travaillé avec des artistes qui n’étaient pas d’Afrique de l’Ouest, qui n’étaient pas francophones. Mon champ de connaissances et mon réseau en a été d’autant plus riche.

Les postes qui ont le plus marqué mon parcours sont : la co-réalisation de la série documentaire « African Masters » avec Andy Mundy-Castle, la direction de la programmation de l’Africa Centre de Londres, ou encore la création du MuPho à Saint-Louis, ville de mon enfance, avec Amadou Diaw.

Métisse, nomade, binationale et multiculturelle, je transforme et pose les fondations, de l’idée à la vision, de la vision à l’institution. Dans chacun de mes projets, dans chacune de mes fonctions, j’ai  piloté un tournant majeur, soit créé, ou accompagné un concept jusqu’au réel.


Asakan : Vous êtes également compositrice et pianiste …

Salimata Diop : La musique est mon oxygène. C’est le prisme à travers lequel je vois le monde. Ne pas pouvoir composer et improviser, toucher un piano tous les jours, ce serait comme étouffer. Mon existence, mes sentiments, mes expériences et mes transformations ne sont que musique.

Mon premier album, The Wake, est le partage de mon cheminement intime dans ce voyage.

Mon EP à paraître, The Path, raconte la traversée de l’océan, la rencontre d’un guide qui s’avère venir de nous-même.  

J’ai également composé la musique de plusieurs films et animations à paraître.

Ma pratique du piano et de la composition prend de plus en plus de place dans ma vie professionnelle, et j’en suis ravie.


Asakan : On vous a notamment vu au piano et en tant que co-commissaire, à Salvador de Bahia, lors de la partie brésilienne du projet transcontinental de résidences, d’expositions et de performances artistiques intitulé « Sou Um Oceano Negro (ESUON). Pouvez-vous nous en parler ?

Salimata Diop : Ce projet, initié par l’artiste Beya Gille Gacha, est un laboratoire. Beya et moi avons souhaité inviter des artistes afrodescendantes et africaines du monde entier à faire collectif. C’est un projet comme il en existe peu, où on ne prend pas les choses par la fin – l’exposition/exhibition d’objets – mais où on permet à une créativité de prendre son temps, de s’égarer, de s’enrichir par des rencontres et des déplacements, de se transformer par l’expérimentation.

J’y interviens en tant que curatrice, à la fois dans le sens classique du terme, et au sens où je tisse, par la musique, un fil d’Ariane qui relie le tout.

Eu sou um Oceano Negro, Je suis un Océan noir, I’m a black Ocean (vers tiré du poème de Maya Angelou ‘Still I rise’) est un manifeste qui défend l’importance primordiale de la rencontre, de l’exploration, et de la spiritualité intrinsèque à de nombreuses pratiques artistiques autour de ce qui nous lient : l’océan noir. L’émergence d’un autre chemin.


Asakan : Justement, l’étape sénégalaise de cette exposition se tient actuellement à la Galerie Le Manège de l’Institut français de Dakar …

Salimata Diop : Après le succès du lancement du projet à Bahia, le collectif s’est en agrandi au Sénégal avec l’entrée de nouvelles artistes (Germaine Anta Gaye, Amy Célestina Ndione, Bienvenue Fotso, Shai Andrade, Chris Tigra, Anique Jordan, Mariéme Ngom …) et de la curatrice Ken Aïcha Sy dans cette grande famille.

Loin de penser l’itinérance comme le simple déplacement d’un bloc inaltérable, nous proposons un laboratoire inclusif en synergie avec chaque territoire qui l’accueille. Le regard (commissariat), les artistes, les résidences et les expositions sont dans ces deux premiers chapitres différents. Différents et non divergents. Le documentaire en production par la réalisatrice Johanna Makabi, qui nous suit depuis les balbutiements du projet, est l’un des garants de la continuité du projet.


Asakan : L’Art est-il si important dans nos vies ?

Salimata Diop : L’art nous permet de rêver et de nous confronter à notre reflet. Comment faire société, comment vivre sans rêver ? Rien ne peut être mis au monde sans imagination. Sans émotion, pas de motion.


Asakan : Un dernier mot ou un rêve ?

Salimata Diop : Je rêve que le rôle fondamental des artistes dans nos sociétés soit reconnu. Qu’ils n’aient pas à lutter contre la précarité et les préjugés. Qu’ils soient impliqués, au plus haut niveau. Le monde n’en sera que meilleur.

Pour en savoir plus sur le travail de Salimata Diop, vous pouvez suivre son compte Instagram.

La Rédaction.

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