Le football, la culture et l’art comme vecteurs de développement

Depuis le samedi 13 janvier dernier, la 34e édition de la Coupe d’Afrique des Nations de Football se tient en Côte d’Ivoire. Si le foot est surtout une compétition sportive, elle est pour beaucoup de personnes le symbole d’un espoir immense. Celui, pour les jeunes joueurs talentueux, de passer de l’ombre à la lumière, des conditions de vie précaires à une situation sociale aisée.

Le Zaouli lors de la Cérémonie d’ouverture de la CAN 2024 Crédit Photo : DR.

Quant aux millions, voire milliards d’amateurs de football dans le monde, c’est une part de rêve qu’on prend sur le destin parfois cruel, une revanche sur la vie, l’espoir d’évacuer ses peines et, dès le coup de sifflet final de croire encore à la beauté de la vie, à l’audace que tout est possible pourvu qu’on se donne les moyens de ne pas abdiquer dans l’effort. Un espoir pour les peuples des Nations en construction, en Afrique et ailleurs, de se retrouver et de former ensemble une cohésion nationale qui conforte l’appartenance du citoyen à l’identité commune et favorise le développement et la prospérité partagée pour tous.

Plus que tout autre sport, le football est également un passeur de cultures. La majestueuse cérémonie d’ouverture de la CAN 2024 a, en la matière, mis en lumière le Wambélé, un masque sénoufo qui a énormément inspiré le peintre américain Jean-Michel Basquiat dans son œuvre mondialement connue. De même, on pourrait compter dans cette culture ivoirienne, le masque éléphant Gouro de l’Ouest de la Côte d’Ivoire ; le Goli, un ensemble de masques cher aux Baoulé, peuple du Centre de la Côte d’Ivoire ; le Boloye des Sénoufo appelé autrement la Danse des hommes panthères ; ou encore, le Zaouli, danses et masques de l’Ouest de la Côte d’Ivoire inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2017.

Les Organisateurs d’Abidjan Art Week ont donc vu juste en choisissant de se greffer sur la CAN 2024 pour lancer la première semaine de l’art en Côte d’Ivoire autour d’expositions et d’évènements artistiques et culturels exclusivement dédiés dans douze galeries et lieux d’art de la capitale économique ivoirienne. Au-delà, l’ambition est de tenir désormais une fois l’an ce rendez-vous qui inscrit, de facto, Abidjan et la Côte d’Ivoire sur la carte des événements moteurs de la vitalité de l’art contemporain dans le monde entier.

Car, comme on le sait, l’industrie de l’art contemporain africain est embryonnaire en Afrique et la scène artistique y est soutenue par l’Occident et de plus en plus les pays arabes et la Chine. Face à cette situation, les industries créatives et culturelles en lien avec l’art ont besoin de multiplier les initiatives et les collaborations intelligentes pour être à la hauteur des challenges de demain.

Jusqu’ici, les grandes fortunes, entreprises, certains Etats et politiques africains n’ont pas été des mécènes et acteurs incontournables sur le marché de l’art africain contemporain. Ils doivent tous le devenir. On l’a vu en France, aux Etats-Unis, en Chine, au Japon, en Afrique du Sud, au Nigeria, au Sénégal et de plus en plus au Bénin, leur rôle est fondamental.

En Côte d’Ivoire, c’est encore un peu timide. Or face à la place prépondérante des artistes visuels ivoiriens sur la scène mondiale l’art, elle n’a pas le choix. En ce sens, les initiatives comme Abidjan Art Week ou la prochaine Biennale de Dakar, qui, rappelons-la, se tiendra du 16 mai au 16 juin 2024, lui offrent des occasions en or de corriger le tir pour que l’art contemporain devienne un levier important du développement amorcé de la Côte d’Ivoire. 

Olaréwadjou Elvis LALEYE.

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