Irene campolmi et Khanyisile Mbongwa, conservatrices du Amos Rex

Amox Rex, un musée contemporain au cœur d’Helsinki, fondé par l’homme d’affaires finlandais et collectionneur Amos Anderson, qui propose des expériences uniques et surprenantes à travers la présentation d’un art contemporain nouveau, souvent expérimental, a choisi de confier à l’Italo-Danoise Irene Campolmi et à la Sud-Africaine Khanyisile Mbongwa les reines de la direction curatoriale du musée pour les prochaines années, au moment même où ce dernier s’engage dans une nouvelle orientation curatoriale axée sur deux priorités stratégiques à savoir l’art à la croisée de la technologie et de la société et l’art dans l’espace public.

Irene Campolmi & Khanyisile Mbongwa
Crédit Photos: Rita Blue et Bongeka Ngcobo

« Alors que nos sociétés dépendent de plus en plus de la technologie, il est essentiel d’examiner de manière critique son impact social, politique et éthique. L’art joue un rôle public essentiel pour favoriser la réflexion et imaginer un avenir technologique plus équitable. Je suis ravie de rejoindre Amos Rex dans ce nouveau rôle de conservatrice et de renforcer sa programmation, ses réseaux internationaux et ses initiatives axées sur la recherche. », a déclaré la première promue. Pour sa collègue, le commissariat d’exposition est une manière d’imaginer et de rêver le monde, en se confrontant aux réalités dans lesquelles elle vit tout en tendant vers ce qui pourrait être. Donc, pour elle, « la création d’expositions est un espace de répétition pour les futurs que nous aspirons à mettre en œuvre au quotidien. Je reste curieuse, voire inquiète, quant à savoir si le commissariat d’exposition, qui a historiquement été une pratique extractive et un héritage institutionnel de la colonialité, peut être reconfiguré et mobilisé autrement. »

Irene Campolmi est une curatrice, historienne de l’art et chercheuse italo-danoise dont la pratique est ancrée dans la pensée décoloniale et la recherche interdisciplinaire à travers l’art, la science, la technologie et la performance. Elle possède une solide expérience dans la création de réseaux interdisciplinaires stratégiques et l’étude de l’évolution des relations entre l’humanité et la technologie. Parmi ses travaux récents, on peut citer « Yet it moves », une grande exposition organisée au Copenhagen Contemporary en collaboration avec Arts at CERN, qui explore le mouvement en tant que phénomène omniprésent. Elle est également cofondatrice du Yonder Art•ScienceNiels Bohr Institute à Copenhague. Avant de rejoindre Amos Rex, Campolmi a occupé le poste de curatrice en chef au MAPS – Museum of Art in Public Spaces (2023-2026) et celui de responsable du programme artistique à Enter Art Fair (2019-2023) au Danemark. Elle a été également commissaire du pavillon estonien à la Biennale de Venise et d’expositions au TANK Museum de Shanghai, au MAAT de Lisbonne, au Kunsthal Charlottenborg de Copenhague, au Power Plant de Toronto, au Plug In Institute of Contemporary Art de Winnipeg, au Musée d’art de Joliette et aux galeries de l’UQAM à Montréal, ainsi qu’à la Mattress Factory de Pittsburgh. Irene Campolmi est par ailleurs membre du corps enseignant du Master en études curatoriales à l’IED – Institut européen de design, à Florence, et termine actuellement son doctorat à l’université d’Aarhus. 

Khanyisile Mbongwa est, quant à elle, une théoricienne du commissariat d’expositions, sociologue et sangoma (guérisseuse ancestrale indigène) anciennement basée au Cap, en Afrique du Sud. Sa pratique se situe à la croisée de l’art contemporain, des connaissances ancestrales et des imaginaires émancipateurs, abordant la curation non seulement comme la création d’expositions, mais comme une pratique éthique, politique et spirituelle. Elle possède une vaste expérience dans le domaine des commandes d’œuvres d’art public et du travail avec les communautés, les populations autochtones et le public. Son travail de direction artistique pour la 12e Biennale de Liverpool (2023), qui traitait de la guérison des traumatismes liés à l’esclavage et au colonialisme, illustre sa capacité à aborder des sujets complexes et communs à tous, ainsi qu’à toucher des publics diversifiés. Ses recherches portent sur la condition humaine, les traditions radicales noires, la trans-indigénéité, l’esthétique queer BIPOC et les façons d’imaginer des futurs alternatifs à travers les expériences vécues par les Noirs et les connaissances ancestrales (Noirs-Autochtones). Elle est la curatrice fondatrice de la Triennale de Stellenbosch et a été la Directrice Artistique pour ses éditions 2020 et 2025. Au cours de ces deux éditions, elle a articulé un cadre curatorial dans lequel l’art, le savoir et l’expérience vécue opèrent comme des forces co-constitutives qui façonnent l’équité, la mémoire et des futurs imaginatifs communs. Elle a aussi collaboré avec l’Asiko Art School, Independent Curators International et le Harvard University-Africa Centre, interrogeant la pratique curatoriale en tant que cadre colonial hérité et explorant son potentiel de réorientation et de transformation critiques. Elle a dirigé d’importants projets internationaux, notamment « uMoya : The Sacred Return of Lost Things » à la Biennale de Liverpool en 2023, « History’s Footnote : On Love & Freedom » à Marres en 2021 et « iiNyanka Zonyaka » à la Fondation Norval en 2020.

La Rédaction.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *