Si vous êtes férus d’art, de mythologie et dans une certaine mesure, de philosophie, l’exposition collective en cours à la Galerie Zato dans la ville de Cotonou fera certainement votre bonheur.
Débutée le 08 avril 2023 et s’étendant au 29 mai 2023, « Le cortège des masques ivres » réunit 4 artistes émergents de la scène contemporaine béninoise. Il s’agit de Éric MEDEDA, Mahoussi AHODOTO, Phillipe HACHEME et ZANFANHOUEDE.

L’exposition se divise principalement en deux grands actes, et a pour but d’inviter à questionner le bonheur.
Acte 1 : L’ivresse des Dieux
Le rez-de-chaussée de l’élégante galerie est ainsi consacré à la première partie de l’exposition qui se tourne vers les Dieux. Les artistes Mahoussi AHODOTO et Philipe HACHEME exposent à travers leurs œuvres, la puissance et les secrets divins dans la construction de l’humain.
Au prime abord, l’exposition s’ouvre sur une œuvre de l’artiste peintre béninois Philippe HACHEME. Intitulée tchankpan nan, elle évoque la grandeur du Dieu de la foudre du panthéon fon Hêviosso. Ce dernier, assis sur un trône est entouré de ses différents attributs et domine la terre. C’est également le Dieu de la vengeance.

Nous découvrons ensuite quatre sculptures de l’artiste sculpteur et peintre béninois lauréat du concours Prom’art en 2008, Mahoussi AHODOTO : secret, pensée, héritage et réalisation. Ces sculptures, de petites chaises collées les unes aux autres représentant les habitants de la terre et formant des clés qui doivent mener l’humain vers la réalisation de ses projets.

Nous revenons enfin vers Philippe HACHEME qui nous fait découvrir d’autres Dieux de la mythologie fon avant de nous exposer dans une installation qui lui a été inspirée par une soirée cinéma, la déchéance des Dieux fons au détriment d’autres, venus d’ailleurs.
Acte 2 : l’ivresse des hommes
À l’étage, nous sommes invités à revenir dans le monde des mortels. L’ivresse des hommes nous ramène à la fragilité de la condition humaine et l’envie de transcender cette réalité. À ce stade, l’idée du masque prend tout son sens.
L’être humain porte divers masques au cours de sa vie, le masque de la peur, de la zone de confort ou encore celui de la guérison. C’est ce qui ressort dans la série Mes héritiers de Éric MEDEDA, un artiste peintre et performeur membre du célèbre collectif Sac O Dos. Il confronte le spectateur aux divers masques que peut revêtir un être vivant avec la peur d’aller vers le bonheur, le beau.

Un peu plus loin avec sa série Corps en mouvement, l’artiste nous montre que malgré les masques, la nature humaine pousse l’être à l’action. Que ces actions conduisent à la grandeur ou à la défaite, cela dépend de l’humain.
Ce besoin de s’extraire d’une réalité préétablie se ressent également dans le travail de ZANFANHOUEDE, artiste plasticien dont le travail allie peinture et sculpture, et sa série Éveil d’instincts. Les personnages de ses toiles semblent essayer de sortir d’un univers en mosaïque qui les maintient prisonniers.

Pour finir, on retrouve la dernière clé de Mahoussi, Transmission qui semble exprimer le besoin humain de partager avec la postérité les secrets de vies acquis avant de quitter cette terre.
Le parcours de l’exposition
Le parcours conçu par les curateurs Steven Coffi Adjai, Christophe Okry Odjoumani et Jeff Eric Atchado nous invite à entrer dans le cœur de la construction de l’humain dans un espace instable en deux actes. C’est une expérience emplie de philosophie car elle nous fait non seulement questionner le bonheur mais nous propulse également dans une quête existentielle.
L’espace de la galerie Zato est exploité afin de recréer un univers inversé : les Dieux en bas et les hommes placés au-dessus d’eux nous éloignant de ce fait de la réalité.
Exposition « Le cortège des masques ivres »
Jusqu’au 29 mai 2023 à la Galerie Zato
1117, Rue 954B, Pavé Haie Vive, deuxième rue à droite
instagram.com/galerie_zato_interluxe/
Mafoya Glèlè.