Depuis le 28 avril, la galerie de photographie contemporaine africaine, La Grande Vitrine, partage le regard de trois artistes photographes : Fanta DIARRA, KEKE et Alain LICARI autour des dangers environnementaux qui menacent le sort de l’homme et son avenir sur la planète Terre.



C’est la toute première exposition que La Grande Vitrine, cette galerie fondée en 2019 par Patrick SEARLE et Alain WATELLIER et implantée au cœur de la ville d’Arles en France, organise pour le compte de l’année 2023. Le parcours permet, à cette occasion, de découvrir le regard des trois artistes exposants sur les questions liées aux changements climatiques, la situation catastrophique que vit notre planète et les dangers qui la guettent à cause de la cupidité de l’homme moderne, de son égoïsme, de son insouciance, voire même de sa barbarie.et sur l’urgence pour nous humains de changer nos comportements de consommation et de vie.
Fanta DIARRA
Née à Ségou au Mali, elle découvre la photographie lorsqu’elle rencontre des touristes immortalisant leurs passages dans sa ville natale. Elle se lance ainsi dans la foulée et sur le tas dans la photographie avec un appareil amateur. En 2014, le Centre de formation en photographie de Bamako lance son concours d’entrée, elle s’y présente et y suit brillamment une formation de deux ans, en photographie conceptuelle.
Alors que le Mali fait face, depuis des décennies, à une pluviométrie capricieuse, une désertification inquiétante et un assèchement des cours d’eau qui génèrent une précarité des ressources, renforcent l’exode rural, et la pauvreté, Fanta DIARRA y voit une des causes d’amplification de l’extrémisme et de la violence dans son pays. Sa série Terres sans frontières qu’elle présente à Arlesest donc un cri du cœur en faveur de la préservation des forêts qui, en absorbant le gaz carbonique, contribue drastiquement à la réduction du taux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère et ainsi, à l’atténuation des effets du changement climatique comme la sécheresse. L’artiste interpelle par là notre conscience pour une terre où les Hommes doivent se soucier de la postérité en prenant soin de l’environnement. Car, comme le laisse entrevoir son travail, il y a une forte corrélation entre la préservation de l’environnement, la paix et la cohésion sociale.


KEKE
Après avoir longtemps travaillé à Paris, Kéké prend conscience de la forte pollution inhérente aux grandes villes. Photographe, dessinatrice et typographe, elle approfondit dès lors ses questionnements autour de la problématique des déchets et du rapport entre surconsommation et perte d’identité. Toujours dans la même quête, elle découvre au Burkina-Faso l’association Baobab qui pratique le tissage traditionnel. Cette rencontre est le début pour l’artiste d’une réponse à ses recherches avec le projet BOGOKÉ qu’elle cofonde avecladite association.
Inspiré du mot Bogolan, qui signifie « issue de la terre », Bogoké interroge les esprits à travers les arts visuels, les traditions culturelles et l’artisanat sur nos gestes de consommation quotidiens, ainsi que le rapport entre déchetsklp matériels et déchets émotionnels. En témoigne le processus même de création du Bogoké.
Tout part en effet d’une collecte de déchets souples dans les décharges de Ouagadougou. Ensuite, Kéké fait des croquis qu’ensemble avec ses collaborateurs artisans burkinabè, ils matérialisent par la fabrication des tissages DINANA. Et comme l’explique Kéké : « L’image est là pour montrer les problématiques et imaginer un futur commun. Le tissage, vient poser l’action de réparation qu’il nous faut créer et consolider pour passer de l’un à l’autre. ». KEKE développe ainsi un travail à la fois artistique et documentaire, qui met en avant l’artisanat comme pilier de métamorphose de nos excès.


Alain LICARI
« Ma prise de conscience écologique à réellement pris forme depuis que je vis en Guinée. C’est l’un des pays où le taux de déforestation est le plus rapide. Je vois tous les jours le résultat de la surexploitation des sols, les conséquences de la mauvaise gestion des déchets et les implications d’un déboisement massif et incontrôlé. Au nord de la Guinée, près de la frontière Malienne, le sol regorge d’or. Son exploitation attire de nombreuses compagnies minières mais aussi des orpailleurs dont c’est le seul moyen de subsistance. Leurs familles paient cher un rêve de fortune qui n’arrivera probablement jamais, souvent au prix de leurs vies. Pour quelques grammes d’or et beaucoup d’illusions, ils n’ont d’autre choix que de se transformer en prédateurs par la convoitise, prédateurs humains et prédateurs de la terre. Ma série fait l’état des lieux de la catastrophe environnementale de l’extraction artisanale de l’or en Guinée avec son sang versé, ses sols contaminés et ses forêts détruites. », détaille d’emblée Alain Licarri, le troisième artiste de l’exposition « WASTE’AFRICA ou la valorisation vertueuse » à propos de sa série L’or c’est le diable présentée actuellement à la galerie La Grande Vitrine d’Arles.


Alain Licarri est né en France. Vivant depuis 2020 entre la Guinée Conakry et la France, il a vécu avant en Espagne et a travaillé à New York, aux Etats-Unis d’Amérique. Photographe autodidacte humaniste, son travail en noir et blanc s’articule essentiellement autour de personnes et de communautés qui vivent à la marge du système ou dont la vie quotidienne peut prendre une valeur universelle. Il s’immerge et partage de longs moments au plus près de ces personnes pour témoigner de leurs histoires qui interrogent l’actualité et nos modes de vie.
Exposition WASTE’AFRICA ou la valorisation vertueuse
Jusqu’au 30 juin à la Galerie La Grande Vitrine
12, rue Jouvène – 13200 Arles
Olaréwadjou Elvis LALEYE.