A l’occasion des Rencontres de la photographie d’Arles, qui se tiennent du 6 juillet au 4 octobre 2026 à travers toute la ville d’Arles, différents prix ont été octroyés lors de la semaine d’ouverture. En voici une sélection de deux de ces prix.

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Prix de la Photo Madame Figaro Arles 2026
L’artiste belgo-camerounaise née à Montréal en 1996, Mallory Lowe Mpoka, a été élue lauréate du Prix de la Photo Madame Figaro, qui récompense chaque année une femme photographe dont le travail « associe excellence, originalité et vision du monde ». Elle a été primée pour son projet : « Cosmologie des héritières »
Dans ce projet, présenté à l’espace Monoprix, au sein de l’exposition du prix Découverte de la Fondation Roederer, et curaté par la Franco-Béninoise Nadine Hounkpatin, Mallory Lowe Mpoka dévoile quatre œuvres singulières qui résonnent en parfaite harmonie : Trilogia, le diptyque Procession I et Procession II, et le film She Who Summons – Celle qui invoque pour explorer son passé et celui de ses ancêtres femmes, et d’autre part, la guerre menée par la France coloniale contre les indépendantistes bamilékés, et ainsi interroger « la manière dont les images participent à la formation du soi », selon les mots de la commissaire de l’exposition.

Courtesy de l’Artiste et de la Fondation Roederer
Pour rappel, le jury de cette 9e édition – composé notamment de Lolita Chammah, Jeanne Damas, Caroline de Maigret, Alice Winocour, Aliocha Schneider et Kamel Mennour sous la présidence d’Isabelle Huppert, – a salué son œuvre polymorphe d’une grande poésie. Mallory Lowe Mpoka bénéficie avec ce prix d’une dotation de 10 000 euros, ainsi que de la réalisation d’’une série dans les pages du magazine Madame Figaro, avec le soutien de Women in Motion, le programme lancé par Kering.
A noter que Mallory Lowe Mpoka a également remporté le Prix du Public du Prix Découverte de la Fondation Louis Roederer pour son projet Cosmologie des héritières.
Prix du Jury du Prix Découverte 2026 Fondation Louis Roederer
L’artiste photographe martiniquaise Magali Paulin (Née en 1986 à Saint-Denis et qui vit et travaille à Arles) s’est vu décerner quant à elle le Prix du Jury de la Fondation Louis Roederer d’un montant de 15 000 euros pour son projet Matières, fantômes. Un travail qui révèle les marques et les traces laissées par l’histoire coloniale sur nos paysages urbains contemporains.
Le projet « investit le Jardin d’agronomie tropicale, situé à l’extrémité est de Paris, dans le bois de Vincennes, aux abords de Nogent‑sur‑Marne. Aménagé dès la fin du XIXe siècle en un jardin d’essai colonial, puis transformé en 1907 pour accueillir l’Exposition coloniale de Nogent, le site conserve, au cœur d’une végétation dense, les vestiges de pavillons consacrés aux territoires alors administrés par la France. Dans ce paysage paisible et chargé, l’artiste ne documente pas, mais cherche à décentrer notre regard. Une question surgit : que nous révèle l’abandon actuel de cet espace public, où les traces mémorielles perdurent ? »
« Les architectures survivantes, ainsi que les monuments commémorant les soldats morts pour la France, sont envahis par la moisissure, la végétation et l’oubli. Cet état de non-soin interpelle. Sur chaque surface résiliente, et dans la matière même de cette « esthétique de la ruine », s’inscrivent et se nouent traces du passé, effacements et persistances. Le jardin apparaît alors comme un enchevêtrement sensible d’histoires dans lequel le récit impérial continue de suinter. En résonance avec la pensée de la Relation de Glissant, Matières, Fantômes nous indique que rien n’existe isolément, mais que tout se définit par ses correspondances, liens et frictions avec le réel. Ainsi, aucun centre ne s’impose, chaque fragment de mémoire, chaque structure fantôme, trouve sa portée dans l’histoire qu’il compose avec les autres. »

Courtesy de l’artiste.
La Rédaction.



