France : Daria Koltsova, Mélinda Fourn, et Sama Beydoun, lauréates du Programme international de soutien à la création 2026 « Artistes émergents d’ici et d’ailleurs »

Les artistes ukrainienne Daria Koltsova, béninoise Mélinda Fourn et libanaise Sama Beydoun sont les bénéficiaires de la deuxième édition du Programme international de soutien à la création 2026 « Artistes émergents d’ici et d’ailleurs ». Lancé par le Fonds de dotation Porosus et Thanks for Nothing, ce programme accompagne, chaque année, 3 artistes émergents étrangers installés en France en leur offrant un soutien financier (une dotation de 5000€ dédiée à la production d’une œuvre ou d’un projet en cours), une mise en visibilité institutionnelle (une mise en lumière du travail des artistes est prévue dans un cadre institutionnel, sous la forme d’un accrochage, d’un atelier ou d’une rencontre) et, un accompagnement sur-mesure (les lauréates sont accompagnées par l’équipe de Thanks for Nothing dans le développement et la valorisation de leur travail artistique.

De gauche à la droite : Daria Koltsova © Taras bychko – Melinda Fourn © Caleb Mensah
– Sama Beydoun © Francesca Mattat

Née en 1987 à Kharkiv, en Ukraine, Daria Koltsova est titulaire d’un BA en histoire et théorie de l’art à l’Académie de Design et d’Art de Kharkiv, et d’un Master en beaux-arts à l’Université d’Oxford. A travers sa pratique artistique qui comprend installations, performances, vidéos, vitraux et interventions publiques, elle rend perceptible et sensible les situations géopolitiques ou sociales actuelles, en les reliant aux expériences intimes et aux répercussions sur les individus, tout en s’éloignant de toute tentative de représentation réaliste. Elle a été nominée pour le PinchukArtPrize, lauréate du MUCHI Award, bénéficiaire de la bourse du ministère de la Culture et du Patrimoine national de Pologne Gaudi Polonia, et détentrice de la bourse Kaiserring 2024.

Née au Bénin, Mélinda Fourn a grandi en France et a étudié aux Beaux-Arts de Paris. Après un échange universitaire au Ghana, à l’Université Kwame Nkrumah de Science et Technologie de Kumasi, elle choisit de s’installer désormais entre le Ghana, le Sénégal et la France. Son travail, mêlant sculpture, photographie, écriture poétique et installations multimédias, met en avant les savoir -faire artisanaux ouest -africains, tissage, tressage, céramique, bijouterie et travail des métaux. En documentant les techniques ancestrales et en apprenant auprès des artisans, elle réagit au risque de disparition de ce patrimoine menacé par l’industrialisation et l’importation massive de produits. Elle transforme des objets du quotidien, comme théières ou fourneaux en céramique ornés de perles, en œuvres à différentes échelles, parfois enrichies d’éléments numériques, soulignant la tension entre traditions artisanales et technologies modernes. Une manière pour l’artiste, d’explorer l’héritage, la transmission et le corps dans la société, tout en reliant sculpture et ornement via la bijouterie. Entre objets domestiques et rituels, elle interroge leur place sociale et navigue entre hommage à la tradition et émancipation, oscillant entre matérialité et transcendance, intimité et espace public.

Quant à Sama Beydoun, née en 1997 à Beyrouth au Liban, sa pratique mêle différents médiums: design, photographie, typographie, illustration et peinture qu’elle utilise comme outils complémentaires d’expression. Inspirée par la rue et par ses habitants, elle explore des questions liées à la culture visuelle, aux enjeux sociaux et aux récits collectifs. Elle a développé aussi une activité de directrice artistique indépendante et collabore avec divers projets et initiatives culturelles. Son projet « Beirut Street Museum », consacré à la mémoire visuelle et urbaine de Beyrouth, a reçu plusieurs prix internationaux.

Le comité de sélection était composé de Sophie Lacoste (Présidente, Fonds de dotation Porosus), Muriel Panel (Déléguée générale, Fonds de dotation Porosus), Aurélie Julien (Fondatrice et Directrice d’Aurélie Julien Collectible, conseil en art et design de collection, collectionneuse), Stéphanie Moisdon (Critique d’art, commissaire d’exposition, codirectrice du Consortium, centre d’art contemporain de Dijon et professeure à l’École supérieure d’art et de design de Lausanne (ECAL), Loïc Garrier (Directeur, Galerie Ceysson & Bénétière, Paris), Niklas Svennung (Partner, Galerie Chantal Crousel), Lotfi Ouanezar (Directeur général d’EMMAÜS Solidarité), Arnaud Sellier (Responsable France, The New York Times), Cyrus Goberville (Responsable programmation culturelle, Bourse de Commerce – Pinault Collection), Marine Van Schoonbeek (Directrice générale et co-fondatrice, Thanks for Nothing), Gaëlle Porte (Directrice des projets, Thanks for Nothing), Antoinette Vincent (Responsable de programmation et de développement, Thanks for Nothing), et Hélène de Montalembert (Responsable de programmation et de production, Thanks for Nothing).

La Rédaction.

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