
Crédit Photo : Claudia Mauriño
Décédée dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 janvier 2026, la grande dame de l’art en Casamance, Seyni Awa Camara, a été enterrée hier à Bignona. Une grande prière devrait avoir lieu lors du quarante-nième jour de son décès.
En attendant, le monde de l’art, au Sénégal comme à l’étranger, toujours sous le choc, continue de lui rendre unanimement un hommage mérité à commencer par celui du ministère de la culture, de l’artisanat et du tourisme du Sénégal qui a salué « la mémoire d’une artiste authentique et intègre, dont le parcours témoigne de la force et de la profondeur de la création sénégalaise »après avoir rappelé que « le Ministère de la Culture a, ces derniers mois, engagé un travail de reconnaissance de Seyni Awa Camara et a accompagné la préparation de plusieurs échéances internationales majeures auxquelles l’artiste devait prendre part. »
La Galerie Magnin-A dont le fondateur André Magnin est celui qui l’a révélée au monde en 1989 à l’occasion de la légendaire exposition « Les Magiciens de la Terre » a déclaré ce dimanche 25 janvier sur son compte Instagram : « Nous sommes profondément attristés par le départ de Seyni Awa Camara, qui s’est éteinte ce matin entourée de ses proches. André Magnin l’avait rencontrée à la fin des années 1980, lors de la préparation de l’exposition Magiciens de la terre (1989), où ses œuvres furent pour la première fois révélées au regard du public occidental. Toute sa vie, Seyni est demeurée en Casamance, liée à sa terre, à ses rythmes et à ses forces invisibles, tandis que ses sculptures traversaient les frontières et les continents. Son œuvre, habitée de force, de mystère et d’humanité, continuera de nous accompagner. Que sa mémoire demeure vivante, et que la terre lui soit douce et légère. »
Très attristées, les galeries Mémoires Africaines et Adam qui la représentent entre autres au Sénégal l’ont qualifié pour l’une de « maman du Sénégal. Une femme de cœur, de courage et de création » et pour la seconde, de « grande potière du Sénégal » qui « a donné à la terre une force rare : des figures puissantes, silencieuses, intemporelles. »
Les artistes ont également massivement rendu un vibrant hommage à l’illustre disparue à l’instar de Nu Barreto qui a écrit dans un commentaire Instagram : « Merci pour l’héritage! Paix a ton âme » ou de Vincent Michea qui a exprimé par la même voie son souhait : « Que l’argile lui soit légère » ou encore de l’artiste britannique Michael Armitagequi vit et travaille entre le Kenya et l’Indonésie: « Je ne me souviens plus où et quand j’ai découvert pour la première fois le travail de Seyni Awa Camara, mais il m’est resté en mémoire. En 2022, Galuh Swarna Sukardi a organisé une exposition époustouflante intitulée Vessels à la David Zwirner, à laquelle participait Seyni Awa Camara. Plus tard, en septembre 2022, Seyni a accepté de participer à une exposition à deux intitulée « Amongst the living » avec moi au White Cube. Malheureusement, je ne l’ai jamais rencontrée, mais je me sens redevable envers elle et son travail. »
Un collectionneur qui tient à rester anonyme mais qui a beaucoup soutenu Seyni Awa Camara et ses proches ces dernières années, nous a précisé que : « même si la maternité joue un rôle dans son travail, je pense que son œuvre va bien plus loin et peut-être on la résume trop à ceci » avant de dire pour conclure : « c’était une grande dame, très courageuse ! »
La Rédaction.



