Lancée en 2025 par Rubis Mécénat avec La Station Culturelle, acteur majeur du paysage culturel martiniquais, et le salon unRepresented by a ppr oc he fair, la Bourse de Soutien à la Création Contemporaine Franco-Caribéenne et Amazonienne permet à un artiste vivant et travaillant en Martinique, en Guadeloupe ou en Guyane française de présenter son travail au salon unRepresented à Paris et de bénéficier d’un programme sur mesure de rencontres professionnelles liées au développement de sa carrière artistique. Après le photographe Jordan Beal en 2025, la bourse est décernée à l’artiste et créatrice textile La lauréate 2026, Tania Arancia.

Crédit Photo : Loys Régent
Née en Guadeloupe en 2002, Tania Arancia est diplômée en recherche et développement textile de l’École supérieure des Arts appliqués Duperré. C’est lors de sa formation au tissage sur métier manuel qu’elle a développé sa manière d’associer couleurs et fils pour créer des textiles intimistes. À travers lesquels, elle interroge le contexte culturel et politique de son enfance. Durant ses études, elle tenait un carnet où elle tentait d’apaiser son mal du pays. Des collages de portraits de famille et quelques mots sont peu à peu devenus une forme d’écriture empreinte de nostalgie familiale et de colère collective liée à l’histoire guadeloupéenne.
En 2023, elle présente pour la première fois une œuvre tissée, Gâteau fouetté, lors de l’exposition collective « Harmonious Quietude » à l’Union Internationale de la Jeunesse, sous le commissariat d’Adama Keïta. En 2024, elle entreprend deux mois de recherche textile entre le Sénégal et le Ghana, explorant les souvenirs partagés et les récits du patrimoine. De retour en Guadeloupe la même année, elle poursuit ses recherches textiles et poétiques à la croisée de l’intime et du politique, tout en archivant les souvenirs familiaux. Dans la continuité de ce travail sur la mémoire, elle développe également une approche expérimentale de la photographie, notamment autour du cyanotype et des archives familiales. Pour elle, l’image photographique devient une matière à tisser, à l’instar du fil. Les silhouettes bleutées du cyanotype, avec leurs zones d’effacement et de persistance, évoquent la présence fantomatique d’êtres et d’histoires qui hantent encore les corps et les lieux. Ces expérimentations lui permettent de créer un dialogue entre mémoire individuelle et mémoire collective, donnant naissance à des images qui émergent comme des traces du passé.
La Rédaction.



