Fondatrice de l’agence Afrofusion Espaces et Design, Péroline Zoé Gonçalves propose un design en harmonie avec les traditions africaines dans lesquelles elle vit et l’environnement-monde dans lequel elle travaille. Elle est l’une des deux femmes designers parmi les six designers qui participent jusqu’au 28 mai prochain à la première edition de l’exposition-biennale Designer Du Bénin, au Musée Honmè, à Art Résidence et au Centre culturel Ouadada, à Porto-Novo, au Bénin.
A cette occasion, nous sommes allés à la rencontre de cette designer de talent et passionnée inconditionnelle de la nature, de la culture et de l’art.

Asakan: Pouvez-vous nous expliquer votre parcours, vos formations en quelques mots?
Péroline Zoé Gonçalves : Je suis architecte et designer d’espaces et de produits. Ma base est ma formation en Architecture à l’Ecole Africaine des Métiers de l’Architecture et de l’Urbanisme, suite à laquelle j’ai fait une spécialisation en France me permettant de travailler dans le domaine du design. J’ai également exploré plusieurs domaines artistiques, dont la photographie, qui nourrissent mon regard et mes créations.
Asakan: Quelle est votre signature? Quelles sont vos influences?
Péroline Zoé Gonçalves: Mon style est toujours en évolution mais je dirais que la recherche de textures guide mon travail actuel. J’explore les matériaux et les formes en quête de poésie. Les cultures africaines, les arts, la nature et l’architecture influencent grandement mes travaux.
Asakan: Comment avez-vous rejoint Designer Du Bénin? Qu’est-ce cela vous apporte en tant que designer?
Péroline Zoé Gonçalves: J’ai reçu une proposition de participation à l’exposition. Je pense qu’il est extrêmement important de partager le fruit de ses réflexions, de sortir, de rencontrer d’autres personnes qui sont dans le métier afin de s’étendre, de s’enrichir et de grandir ensemble. C’est ce que me permet cette exposition. Elle m’ouvre les portes d’une réflexion hors de moi et de mes perceptions car les possibilités sont infinies et l’objectif est de créer pour la vision mais aussi et surtout pour les autres.
Asakan: Qu’y proposez-vous?
Péroline Zoé Gonçalves: J’y propose du mobilier et des accessoires en bois et métal principalement issus de mes explorations. Les univers créatifs étant divers, je tisse un lien par la matière, la couleur et la forme.



Asakan: Pouvez-vous choisir une œuvre exposée à cette occasion et la commenter (inspiration, technique, praticité, usabilité)?
Péroline Zoé Gonçalves: Le mirroir mythique Kuba est inspiré des tissus en raphia des Kuba du Congo. Il a été conçu à partir des formes atypiques présentes dans ce tissu et ressemblant à un labyrinthe. Le cadre est en bois laqué et donc facile à entretenir. Les dimensions et proportions permettent une lecture fidèle des formes suggérées dans le bois et considèrent une hauteur et une largeur du mirroir suffisants à une bonne perception du buste. Le système d’accrochage est classique, simple, et le mirroir est facile à remplacer.

Asakan: Pour vous, le plus important dans une création est : La Praticité ? L’Usabilité? Le Processus de création simplifié? Les valeurs?
Péroline Zoé Gonçalves: Tout cela est très important. Elle devrait être pratique, sûre, simple à utiliser, créative dans sa conception et dans sa mise en œuvre entre autres. Aussi, une chose m’est particulièrement chère: la sensation que procure la création dans son utilisation, l’expérience sensorielle qu’elle participe à créer.
Asakan: Quels conseils aimeriez-vous transmettre à d’autres jeunes désireux de se lancer dans le design?
Péroline Zoé Gonçalves: Le design influence, ordonne, exprime, enseigne, partage, nourrit. C’est un langage, une étincelle de vérité et une nécessité. Nous avons besoin de plus de designers en Afrique pour repenser nos mondes selon qui nous sommes et voulons être. Le niveau était élevé avant nous, même si les livres d’histoire l’omettent. Levons ensemble la barre car l’Afrique ne mérite pas moins que le meilleur du monde, que le meilleur de nous.
Exposition « Designer Du Bénin »
Jusqu’au 20 mai au Centre Culturel Ouadada et, au 28 mai au Musée Honmè, à Porto-Novo.
Propos recueillis par : Olaréwadjou Elvis LALEYE
Super article sur l’architecture contemporaine et le design adapté à la culture africaine. Cette approche est définitivement celle qui pourra redorer la richesse du patrimoine africain et sa diversité.
Tout à fait. Merci.