Née en 1990 à Bouaké en Côte d’Ivoire et titulaire d’un master en Architecture d’intérieur et Design de l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, Lisa Colombe Adjobi aborde le design comme une arène où, couplant esthétisme et fonctionnalité, elle dompte avec élégance bois, métal et objets de récupération dans un souci constant de promouvoir le recyclage et la protection de l’environnement.
Coup de cœur.

Asakan : Pour commencer notre entretien, pouvez –vous vous présenter ?
Lisa Colombe Adjobi : Je suis Lisa Colombe Adjobi, designer et accessoiriste de nationalité ivoirienne. Je crée des objets pour le bien-être et pour le besoin dans le but d’améliorer la qualité de vie et je confectionne aussi des bijoux et des sacs avec des perles.
Je vis et travaille à Abidjan.
Asakan : Quelle définition faites-vous de l’art ? Comment percevez-vous l’art contemporain ?
Lisa Colombe Adjobi : L’art est un moyen de révéler ce qui est enfouit en moi comme idée ou émotion. L’art contemporain est comme un mouvement qui nous permet de créer librement, sans limite dans le but de se surpasser au niveau de la créativité.
Asakan : Quand avez-vous su que vous consacriez votre vie à l’art ?
Lisa Colombe Adjobi : Depuis le bas âge, car dès ma tendre enfance, j’ai toujours aimé les activités liées à l’art comme par exemple le dessin. La rencontre avec le design est arrivée pendant mes études en architecture d’intérieur et de design à l’Université Félix Houphouët Boigny d’Abidjan sous la houlette de mon formateur l’architecte d’intérieur et designer Tiogozié Coulibaly.
Après l’obtention de mon Master en 2018, j’ai poursuivi mes recherches en m’essayant a la réalisation de prototype. Par la suite, je suis rentré en contact avec des designers tels que Vincent Niamien et Jean Servais Somian, qui a été très ouvert et n’a pas hésité à me recevoir dans son atelier de Grand Bassam, ainsi que me guider dans mes recherches de créations de mobilier. Puis, lorsqu’il a lancé en 2021 “The Young Designer Workshop 1” en collaboration avec La Fondation Donwahi, j’ai envoyé ma candidature et j’ai eu la chance d’être retenue. C’est ainsi que mon aventure a commencé véritablement avec le design et depuis ce moment, je me consacre totalement à ma vie d’artiste.
Asakan : En tant qu’artiste, comment décririez-vous votre art ? Comment êtes-vous parvenu à la finalisation de votre empreinte ?
Lisa Colombe Adjobi : Mes créations sont un mélange de fonctionnalité et d’esthétisme. J’utilise des matériaux comme le bois Yundé et le bois bété pour leurs durabilités, surtout le bois bété pour sa texture unique ; le métal pour sa solidité et ses propriétés conductrice et enfin les matériaux de récupération particulièrement les bouchons de bouteilles plastiques qui sont caractérisées par leurs diverses couleurs et leurs formes rondes qui constituent pour moi un véritable atout dans la mise en valeur de mes créations. Je les intègre dans la création de mes luminaires à travers un processus « upcycling », tout ceci dans le but de lutter contre l’insalubrité tout en valorisant les déchets plastiques.
Quant à mon empreinte, certes j’ai un style qui est de plus en plus remarquable mais je continue de faire des recherches pour m’améliorer.


Lisa Colombe Adjobi, « Luminaire Ehuadé », 2022. Métal et capsule en plastique, 170 x 60 x 33 cm
Crédit Photo : Aurélie Tiffy / Fondation Donwahi.


Lisa Colombe Adjobi, « Bibliothèque Kita », 2022. Bois Yundé, 196 x 118 x 28 cm
Crédit Photo : Aurélie Tiffy / Fondation Donwahi.


Lisa Colombe Adjobi, « Chaise G », 2022. Métal Fer plat et tube de fer carré, 90 x 55 x 50 cm Crédit Photo : Aurélie Tiffy / Fondation Donwahi.

Crédit Photo : Aurélie Tiffy / Fondation Donwahi.
Asakan : Quelles sont vos inspirations artistiques, vos influences ? Les thèmes et émotions que vous essayez de transcrire dans vos œuvres ?
Lisa Colombe Adjobi : Je m’inspire de tout ce qui nous entoure, de ma culture, de notre environnement, de mes souvenirs d’enfance.
Mes œuvres offrent une réflexion sur la durabilité, la responsabilité environnementale, tout en célébrant la richesse culturelle de l’Afrique.
Elles mettent en avant des thèmes comme ceux liés à la culture, surtout à l’écologie, dans le sens où la majorité de mes créations qui sont des luminaires conçus avec des objets de récupération tels que des bouchons de bouteilles plastiques comme je l’ai signifié dans la question précédente. Une Manière pour moi d’aborder les paradoxes de l’hyperconsommation et ses effets environnementaux tout en promouvant le recyclage et la protection de l’environnement.
Asakan : Quel est le regard porté sur votre travail par le public ? Par le milieu artistique ?
Lisa Colombe Adjobi : Selon ce que je reçois comme retour sur mon travail, il est généralement apprécié tant bien par le grand public que par le monde de l’art.
Par exemple, quand j’expose, lorsque certaines personnes voient les luminaires de loin, ils n’arrivent pas à percevoir automatiquement ce qui enveloppe l’armature des lampes. La majorité pense à des perles. Mais lorsqu’ils se rapprochent et s’aperçoivent que ce sont des bouchons de bouteilles plastiques, ils sont surpris et fascinés. Ils me félicitent et m’encouragent.
Certains professionnels de l’art apprécient aussi mes œuvres pour leurs lignes, l’éclat et les mouvements qu’on perçoit et qui apportent du bonheur.

Crédit Photo : Adams Koné (Adams Photography).

Crédit Photo : Adams Koné (Adams Photography).

Crédit Photo : Adams Koné (Adams Photography).
Asakan: Quels conseils aimeriez-vous transmettre à d’autres jeunes désireux de se lancer dans l’art ?
Lisa Colombe Adjobi : S’ils sont véritablement intéressés par l’art, il ne faut pas qu’ils hésitent à se lancer. C’est un domaine passionnant. Il faut surtout faire preuve de beaucoup d’humilité en sachant écouter les conseils des devanciers pour pouvoir s’améliorer et évoluer dans le domaine. Être très créatif, faire preuve aussi de courage, de patience et persévérer dans le travail peu importe les obstacles.
Pour plus d’informations sur le travail de Lisa Colombe Adjobi,
- Son compte Instagram.
La Rédaction.