Coup de Cœur avec l’Artiste Peintre Franco-Béninois Joël Degbo

Diplômé des Ecoles des Beaux-Arts de Paris et de Nantes et alumni de la Saint Martin School de Londres, Joël Degbo (né en 1989 à Paris) est maitre dans l’art de peindre des paysages où les différentes couleurs de la nuit font la lumière pour décortiquer, dans une lucidité paradoxale, les notions de temporalité, de patrimoine et de regards.

Il est notre Coup de Cœur.


Joël Degbo

Asakan : Pour commencer notre entretien, pouvez –vous vous présenter ?

L’Artiste : Je suis peintre et je produis plus précisément des paysages de nuit.


Asakan : Quelle définition faites-vous de l’art ? Comment percevez-vous l’art contemporain ?

Joël : L’art est un langage avant toute chose. Je perçois l’art contemporain comme un espace à multiples facettes qui intègre toutes les pratiques pour provoquer des nouveautés qui peuvent mettre du temps à être assimilées parfois.


Asakan : Quand avez-vous su que vous consacriez votre vie à l’art ?

Joël : Dès que j’ai tenu un pinceau avec l’intention de créer des images en sachant que ce que j’en dirai serait indispensable.

Etant passé par le circuit classique des Ecoles de Beaux-arts, j’ai peaufiné́ mon regard critique vis à vis de ce qui peut être impactant dans le discours pictural.


Asakan : En tant qu’artiste, comment décririez-vous votre art ? Comment êtes-vous parvenu à la finalisation de votre empreinte ?

Joël : Je réalise des paysages et cela depuis près de 17 ans. Je considère que ce sujet n’est pas assez exploité à sa juste valeur. Il faut dire que ce mode d’expression a trop longtemps été affilié aux territoires outre/ultra-africains de l’époque pré-coloniale/ coloniale/post-coloniale et je pense qu’il est légitime d’en parler. Ils représentent un inventaire de formes, de nature, d’architecture, d’habitations et de modes de vie à préserver ou à développer dont l’intérêt est potentiellement patrimonial mais pas uniquement.

Je suis passé par plusieurs étapes pour arriver à exprimer la réappropriation des codes du paysage en tant que jeune noir (afrodescendant) ayant grandi en France et dont le pays natal de ses parents est le Bénin. Il est question d’affirmer que la pratique du paysage doit être réinventée. En maitrisant la peinture à l’huile et sa technicité puis en partant de la construction du châssis jusqu’au traitement des textures et des couleurs.


Joël Degbo, « Terre, Métal, Bois et Ciel », 2025
Huile sur toile, 140 x 40 cm
Courtesy de l’Artist
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Joël Degbo, « Elles ont aussi brûlé ici », 2024
Huile sur toile, 200 x 200 cm
Courtesy de l’Artiste
 Joël Degbo, « Conteneur Mahorais », 2024
Huile sur toile, 130 x 162 cm
Courtesy de l’Artiste
Joël Degbo, « Conteneur Mahorais 2 », 2024
Huile sur toile, 160 x 160 cm
Courtesy de l’Artiste
Joël Degbo, « Palmiers en Terre », 2024
Huile sur toile, 60 x 130 cm
Courtesy de l’Artiste
Joël Degbo, « Palais d’Agadja », 2023
Huile sur toile, 130 x 162 cm
Courtesy de l’Artiste
Joël Degbo, « Eléments de Palais », 2023
Huile sur toile, 130 x 162 cm
Courtesy de l’Artiste

Asakan : Quelles sont vos inspirations artistiques, vos influences ? Les thèmes et émotions que vous essayez de transcrire dans vos œuvres ?

Joël : Je citerai des noms comme Kerry James Marshall étant la référence inévitable dans le contexte actuel, David Hammons, Chéri Samba, Lynette Yadome-Boakye Édouard Glissant et biens d’autres.

Je ne suis ni afro-américain, ni afro-caribéen mais un grand nombre de mes ancêtres se trouvent de part et d’autre dans le monde et mes recherches se ramifies à travers ces liens.

Concernant les thèmes, il y a l’urbanisme, l’architecture, le cinéma et la littérature.

Je souhaite que l’on garde en réflexion que ce sont des lieux qui concernent les résultantes et les conséquences de ce que nous sommes aujourd’hui et notre devenir.


Asakan : Quel est le regard porté sur votre travail par le public ? Par le milieu artistique ?

Joël : Le public accueil mon travail comme quelque chose de nécessaire à faire, souvent on qualifie les lieux que je représente d’endroits “jamais vu” mais familiers.

Je dirais que le milieu artistique voit l’implication de mes propos lorsque je démontre que ces espaces doivent être intégrés dans les histoires de l’art sans prétention.


Asakan : Quels conseils aimeriez-vous transmettre à d’autres jeunes désireux de se lancer dans l’art?

Joël : N’arrêtez pas, n’arrêtez jamais.

 Pour plus d’informations sur le travail de Joël Degbo,

La Rédaction.

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