Artiste pleine de vie, touche-à-tout et globe trotteuse, Eolia quitte l’Espagne au lendemain de la pandémie du Covid 19 et s’installe à Bamako d’où elle se consacre principalement à sa pratique de l’art. Depuis, son œuvre fait dialoguer expériences multiculturelles et différents médiums pour questionner notre identité individuelle et collective.
Elle est notre Coup de Cœur.

Photo : West Vision, juin 2025.
Asakan : Pour commencer notre entretien, pouvez –vous vous présenter ?
L’Artiste : Je suis Eolia. A l’état civil, Eolia Ahouansou Dembele. Plasticienne d’origine Togolaise et Béninoise. Je réside et travaille à Bamako, au Mali.
Asakan : Quelle définition faites-vous de l’art ? Comment percevez-vous l’art contemporain ?
L’Artiste : L’art c’est créer quelque chose à partir de rien du tout. C’est à la fois magique et poétique. L’art touche les cœurs et ouvre les esprits.
L’art contemporain, c’est le reflet de notre société actuelle. Nos réussites, nos maux, nos défis. Ce qui est intéressant c’est de voir comment chaque artiste en fait une interprétation, une lecture et un récit individuel. Mon époux et moi nous essayons de collectionner beaucoup, j’essaie d’acquérir des œuvres principalement de mes consœurs et confrères africains.
Asakan : Quand avez-vous su que vous consacriez votre vie à l’art ?
L’Artiste : Ma mère a toujours collectionné, je baigne dedans depuis toute petite. Je me souviens qu’à l’âge de 7 ans, ma mère m’a amené à ma toute première expo. Je m’en souviens très bien car ce jour-là, j’ai même du sécher les cours ! C’était une expo de Sokey Edorh. Brillante.
Mais l’histoire ne commence pas vraiment là. J’ai d’abord étudié le Marketing et travaillé dans le domaine du luxe et de l’immobilier. Et puis, en 2020, la pandémie. J’ai décidé de tout plaquer, quitter ma carrière et me mettre définitivement à l’art.
Asakan : En tant qu’artiste, comment décririez-vous votre art ? Comment êtes-vous parvenue à la finalisation de votre empreinte ?
L’Artiste : Equilibre sans perfection. Je pense que c’est vraiment cela que je recherche. Et puis, j’expérimente beaucoup. Peinture, collage, textile, tout y passe. Une couleur qui revient souvent dans mon travail est le bleu turquoise: c’est une couleur qui apaise et intrigue.
Au final, je ne sais pas si j’ai « trouvé » mon empreinte, ce qui m’intéresse surtout, c’est de constamment me renouveler. Voler plus loin, plus haut.

Courtesy de l’Artiste.

Courtesy de l’Artiste.
Quelles sont vos inspirations artistiques, vos influences ? Les thèmes et émotions que vous essayez de transcrire dans vos œuvres ?
L’Artiste : Un sujet qui me tient à cœur, c’est la résilience. C’est pour cela que les oiseaux reviennent souvent dans mes œuvres. Ils volent contre orages, vents et marées. J’admire leur dignité et leur résilience. J’y aspire.
J’ai deux enfants qui me font regarder le monde autrement. Leur douceur et leur innocence m’émerveille chaque jour. La maternité et le renouveau sont donc également des thèmes qui reviennent souvent dans mes œuvres.

Courtesy de l’Artiste.

Courtesy de l’Artiste.

Courtesy de l’Artiste.

Courtesy de l’Artiste.
Asakan : Quel est le regard porté sur votre travail par le public ? Par le milieu artistique ?
L’Artiste : Ce n’est pas vraiment une question que je me pose.
Asakan : Quels conseils aimeriez-vous transmettre à d’autres jeunes désireux de se lancer dans l’art ?
L’Artiste : Pour faire de l’art son métier, il faut être plus que passionné, il faut être presque éperdu j’ai envie de dire. Ce n’est pas une discipline facile. Ce travail demande de la rigueur, de la recherche, mais surtout de la générosité. Savoir ouvrir son cœur et laisser une partie de soi sur la toile. Mon conseil est donc de persévérer. J’y travaille moi aussi un petit peu tous les jours !

Courtesy de l’Artiste. Œuvre dans l’Atelier d’Eolia Photo : DR : Bamako, juillet 2025
Pour plus d’informations sur le travail d’Eolia,
La Rédaction.



