Disparition
Bénin : L’artiste plasticien Jean-Magloire Amédé, dit Magou est décédé

Jean-Magloire Amédé, dit Magou, né en 1961 au Bénin, est décédé à Cotonou, au petit matin du jeudi 1er octobre dernier à l’âge de 65 ans des suites de maladie.
De son jeune âge à sa disparition, il aura manifesté un intérêt prononcé pour la création plastique. Devenu artiste sur le tas et à défaut de trouver une école de formation dans son pays natal, il s'inscrit rapidement dans la dynamique de la scène artistique béninoise de l’époque, fréquentant les quelques ateliers de plasticiens existants et participant aux résidences de création collectives, régionales et internationales.
Son travail se distingue par un langage plastique singulier axé sur l’utilisation de la peinture à l'huile, de l'acrylique, des pigments bruts, du papier collé, ainsi que sur la récupération de matériaux usagés pour donner du relief à ses toiles et sculptures qui interrogent principalement la mémoire, le sacré, la vie quotidienne et les mutations dans les sociétés contemporaines africaines.
Cette singularité est vite remarquée : Jean-Magloire Amédé, dit Magou expose tant à Cotonou et Ouidah au Bénin qu’au Togo, au Nigéria, en France et en Belgique. Ses œuvres figurent également dans plusieurs collections prestigieuses et font régulièrement l'objet de ventes aux enchères dédiées à l'art contemporain africain.
Ces dernières années, il faisait de la production 3D et il était d’ailleurs sur le projet de développement d’un musée virtuel pour présenter de l’art contemporain d’Afrique et d'autres pays du monde.
Jean-Magloire Amédé, dit Magou était aussi un artiste humaniste et passeur d’art. Au fil de sa vie, il a formé, conseillé, accompagné et inspiré plusieurs jeunes artistes et professionnels des arts visuels au Bénin.
Pour sa collègue, Edwige Araba Akplogan avec qui il partage une amitié vieille de plus d’une quarantaine d’années, Jean-Magloire Amédé, dit Magou était surtout un artiste : « complet : artiste textile, peintre, sculpteur, designer ». « Il était quelqu'un d'extrêmement rigoureux, qui est très dur avec lui-même, et qui cumulait plusieurs talents. C’était un puits de science et un grand archiviste. Il aimait notamment accumuler les archives sur les arts, l’histoire de l’art et la critique d’art. ».
Pour Meschac Gaba, l’autre grand nom de l’art béninois : « Je l'ai rencontré dans les années 80 et c'est grâce à sa galerie que j'ai fait l’une de mes premières expositions au Bénin, exposition qui m’a ouvert à de plus grandes opportunités. Il avait l’amour de l’autre et l’amour de l’art. »
De même, Magou était très discret et il ne se mettait jamais en avant, mais plutôt toujours loin des feux de la rampe. Exceptionnellement pour la première fois, il s'était prêté récemment à une séance d'échange avec des jeunes curateurs à l'invitation de Nadine Hounkpatin à La Grande Place, à Porto Novo. Deux heures durant, il a ainsi partagé son histoire, son parcours et ses expériences à ces jeunes.
Puisse cet amour inconditionnel qu'il a dédié à l'art et la transmission lui faciliter le voyage et son art le garder toujours dans nos esprits !

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